Partager l'article ! Mon beau sapin!: Cette semaine, grande nouvelle: nous allons être grand-parents! En effet, Guillaume et Édith nous ont annoncé qu'ils étaient en ...
On peut quand même s’entendre pour dire que François a toujours été hors cadre. Vous l’avez vu arriver par un beau matin de printemps sur sa vielle moto vintageavec son casque et son pantalon de cuir. Vous l’avez vu arriver avec sa vielle Mercédès- modèle taxi ou voiture piégée du Moyen-Orient de 1980 qu’il ambitionne de garder jusqu’à 500 000 kilomètres. Vous avez vu son bureau, exotique s’il en est.
Vous avez goûté à son
humour assez particulier. En fait François a un cerveau à deux étages– deux étages de fusées. Le premier vous écoute et comprend ce que vous dites parfaitement - le deuxième s’élève dans la
stratosphère constamment à la recherche du jeu de mot qui va vous laisser sans voix. Il réussit – vous pouvez le mettre au défi- à faire un jeu de mot avec n’importe quel mot. On pourra le tester
tout à l’heure si vous voulez.
Les points communs entre toutes les fonctions occupées par François : le désir d’écrire, de communiquer et d’aller à la rencontre des autres et
la très grande valeur qu’il accorde à la pédagogie et à l’éducation ou l’éducabilité de tous.
Il aime écrire dans tous les sens du mot. C’est à la fois un plaisir physique- vous avez sûrement remarqué qu’il écrit avec plume fontaine, il aime l’odeur de l’encre, la sensation de la plume sur le papier.
Il aime écrire tout court et il a toujours écrit. Il a collaboré à des revues, l’écriture de manuels, été réviseur pour une maison d’édition, rédigé de multiples rapports. On lui doit plusieurs des politiques institutionnelles du Collège. Nul doute que cette passion l’animera encore à sa retraite.
Mais avez-vous déjà
entendu François s’animer lorsqu’il parle de pédagogie, de compétence, de programme, d’approche programme? Si non, vous avez manqué quelque chose.
C’est cette passion
pour la pédagogie qui l’a amené plusieurs fois en mission à l’extérieur du Collège où il s’est découvert une autre passion : L’Afrique. François est africain dans l’âme. Vous ne l’avez pas
vu en boubou fumer sa « chicha »? Mais vous avez sûrement vu les nombreux objets qu’il a rapportés de ses voyages. Nul doute que la pédagogie et l’Afrique vont encore l’animer et le faire
voyager.
Il y a le François calme. C’est certainement la caractéristique qui vous viendrait en le regardant. Il marche lentement, parle lentement et doucement, n’élève jamais la voix, ne s’agite pas.
Mais il y a aussi le François agité, qui balance ses grands bras dans tous les sens, court dans tous les sens, utilise un vocabulaire liturgique riche, prononcé avec vigueur. Il y a donc un
François intense qui n’hésite pas à lancer des projectiles et s’invectiver. Pour voir ce François là, je vous invite dans le grand gymnase à midi le
vendredi pour le voir jouer au badminton et casser sa raquette.
François tu vas nous manquer. Mais je te souhaite de pouvoir réaliser certains de tes rêves. Je te souhaite de belles années à écrire et à parler de pédagogie et d’éducation.
François a toujours été
au collège- nous sommes amis depuis 1977- année de mon entrée au collège. François se plaît d’ailleurs à dire que lui et moi avons tout fait ensemble sauf
ça. Nous avons dit et fait beaucoup de niaiseries- nous avons beaucoup ri et je lui dois certains de mes plus beaux fous rire. François, tu vas me manquer.
C'est bien, non? En tout cas, ça me ressemble assez. Pendant que j'écris tout ça, Jocelyne monte le sapin de Noël. Pendant encore quelques
semaines, il trônera dans le salon et le chat sera fasciné (on l'installe tard mais on l'enlève tard, juste à temps pour accueillir le lapin de Pâques...)
. C'est une période où il m'arrive de penser à mes Noëls d'enfant, de penser à mes parents, surtout quand j'entends de vieux cantiques de Noël à la radio (Georges Till ou Raoul Jobin). Quand
j'avais environ neuf ans, je me disais que, peut-être, ma vie avait été un rêve et que je me réveillerais à un moment donné pour vivre ma vraie vie. J'espérais alors me réveiller le soir de Noël
où j'avais eu mon gros camion rouge en métal robuste... Je ne fais plus ce genre de souhait aujourd'hui. Je ne crois pas que j'aurais envie de revenir en arrière. C'est plutôt bon signe non?

François et sa soeur Odile, Noël 1959 (à peu près). C'est mon papa à moi qui peignait les chandelles et le gui sur les portes de l'armoire à argenterie. Aujourd'hui, c'est ma fille Laurence
qui a l'encyclopédie qu'on voit dans le meuble (que mon papa à moi avait fait).
Belle photo
OdileXX