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Dimanche 14 décembre 2008


L'hiver est arrivé brusquement. En fait, sur papier, il commence le 21 décembre. Mais il est déjà là. Cette semaine on a bien eu une trentaine de centimètres de neige, avec, au milieu, une couche de glace (un peu de pluie verglaçante, qui tombe en eau et qui gèle au sol) ce qui fait que les roues de voitures patinent joliment, surtout aux intersections. Pour certains, c'est l'enfer. Pour moi, à part le fait que je n'aime pas le froid, ça va. Un petit exemple?

Joli, non? Une chance qu'on a un contrat de déneigement. Je ne veux plus me payer tout ça à la pelle...

À part ça, cette semaine, les policiers ont envahi deux fois l'Université du Québec: colis suspects et tueurs hypothétiques. C'est bien quand même qu'ils prennent ça au sérieux.

 

Mais reprenons où nous en étions. J'étais reparti du Sénégal un peu après Pâques 2008. Fouillons dans nos photos pour voir quelle histoire on va vous raconter...


Ben voilà: c'est ma fameuse randonnée de 100km. Là j'ai l'air joyeux mais je vous jure que je n'en menais pas large un peu plus tard. En fait, je me suis laissé entraîner par des amis du travail qui allaient faire ce qu'on appelle le Défi métropolitain dans le cadre de la Féria du vélo de Montréal. Le Défi c'est une randonnée, avec plusieurs centaines de co-cyclistes, dans la campagne environnante. Il y a deux versions: 60 km. et 100 km.

Pour l'occasion, je me suis acheté un beau vélo chez le fils de Mireille (une amie de Jocelyne) qui tient une boutique (j'y ai aussi pris en vente le magnifique maillot que je porte sur la photo). J'ai pris celui-là parce qu'il était à prix raisonnable et surtout parce qu'il m'a séduit avec son air sobre. Le voici:

Il est beau, non? C'est le Wingra de Gary Fisher. Je l'ai acheté pour faire le défi mais aussi pour me remettre à faire un peu de vélo quand même. Et puis c'était la première fois que je me payais un vrai vélo. À 54 ans quand même, c'est pas exagéré.

Nous voilà donc partis avec les copains. Il fait un temps superbe et ça roule tout seul. Quand on est arrivés à l'endroit où il fallait décider si on faisait la boucle du 100 ou celle du 60, Michel, mon increvable graphiste (il gravirait l'Everest en rigolant celui-là) me conseille de prendre le 60 km. Après tout, c'est ma première randonnée de l'année et je ne me suis pas entraîné. Mais moi je suis frais comme une rose et je me sens des jambes de 20 ans. Pas question! je fais le 100. T'es sûr? me dit Michel. Là on va suivre le bord du fleuve et il y a du vent de face... Qu'à cela ne tienne, on y va que je lui dis.

Super Michel, celui que rien n'arrête et qui roule sur une terrible bécane récupérée aux ordures...

Michel part devant et je ne le reverrai plus avant la fin de l'aventure. Je roule un bon bout de temps avec Johanne et Denis, après tout je devrais être capable de rester dans leur roue à ces deux-là. Michel, il est bionique, mais Johanne et Denis, c'est du vrai monde...

Johanne et Denis (du vrai monde).

C'est vrai que c'est plus difficile sur le bord du fleuve: il vente, il y a beaucoup de voitures et... je me suis quand même déjà tapé une cinquantaine de kilomètres. Mes pauvres fesses n'en peuvent plus: j'ai l'impression d'être assis sur des charbons ardents. Me jambes se demandent ce qu'on peut bien foutre là en ce bel après-midi ensoleillé. Je perds Johanne et Denis, malgré tous mes efforts pour rester avec eux.

À une quinzaine de kilomètres de la fin j'aurais dit oui à quiconque m'aurait offert de monter dans sa voiture... Mais j'ai fini par arriver au bout du parcours.

J'ai encore une fois eu la démonstration que, quand on n'est plus capable, on est encore capable. Quand on est complètement vidé, il reste encore quelque chose. Quand on est complètement découragé, on peut encore continuer. C'est une bonne leçon qui me sera sûrement encore utile.

Ça me fait penser à un livre que je lis actuellement. C'est ma soeur Odile qui me l'a offert pour ma fête. C'est le deuxième tome de Afica Trek. Un couple de Français, milieu trentaine, décide de parcourir l'Afrique à pied du Cap en Afrique du sud, jusqu'au lac de Tibériade en Israel. Vous vous rendez compte? Dans la section que je viens de terminer, ils ont parcouru l'Éthiopie. Ça a été très éprouvant, surtout à cause des enfants qui leur criaient des insultes et leur lançaient des pierres. Personne n'a pu leur expliquer pourquoi ils faisaient ça. C'était comme un jeu pour eux. Mais ce fut très éprouvant pour mes deux marcheurs.

Je cherche le moyen de mettre une vidéo ici. Dès que je trouve comment, je vous la mets. Ça ne marche pas, je ne sais pas pourquoi je n'y arrive pas...

A+

François


Par François Cauchy - Publié dans : chronique
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