Voilà ma dernière aventure africaine terminée. Normalement je devrais suivre la chronologie et continuer avec ce qui s'est passé pour moi en avril 2008. On y reviendra. J'ai le goût de vous
parler de ce qui se passe aujourd'hui.
Mais, commençons par hier, ce sera déjà ça. Antoine Hugo, mon aîné, est revenu de son périple européen (voir Escapapade avec mon fils
dans le Minervois ) et j'en suis bien heureux. Il a l'air en pleine forme. Nous en avons profité pour aller déjeuner tous les quatre (moi et mes trois enfants) au Barbare (en fait, c'est le
Bar Bare) où on boit la plus charmante des bières (ils la font eux-même), bien nommée la Broue dans l'toupette. Pour mes amis non-québécois, avoir de la broue dans l'toupette ça veut
dire quelque chose comme être complètement ébouriffé par les événements, avoir le nez dans l'guidon. Toujours est-il que la Broue dans l'toupette est une cream ale qui vous coule dans le
gosier comme du velours.
Une photo? Une photo!
On peut voir, dans l'ordre habituel, Antoine (le fils de retour), Moi, le papa, Xavier et Laurence.
Trône sur la table une carafe de Ricard qu'Antoine a ramené à Laurence. Moi, j'ai eu une bouteille ce Cartagene maison. C'est un mélange de Syrah et d'alcool de vin. J'ai pas encore goûté mais ça
a l'air bon. Antoine reprendra le courrier à vélo lundi. Il m'a montré le vélo qu'on lui avait prêté. Ça fait peur ces machines-là. C'est la nouvelle mode chez les pétés du vélo: pédalier en
prise directe, pas de vitesse ni de dérailleur et, surtout, pas de freins... C'est fou non? On freine (plutôt, on ralentit) avec la seule force des jambes. Antoine a beau être fort, ça m'inquiète
de le savoir courant par la ville avec cet engin. Mais il y a longtemps que j'ai appris à tolérer mes craintes à propos d'Antoine. Depuis qu'il est haut comme trois pommes (mettons trois
très grosses pommes) qu'il me fait peur avec ses acrobaties et ses cascades. Il ne se fait presque jamais mal et, quand ça arrive, il s'en remet très bien. Inch' Allah.
Parlant d'Allah, une des discussions que j'ai eues avec Xavier est à savoir comment on prononce Allah akhbar (Dieu est grand) moi, j'entends presque toujours une espèce de "ou" éludé entre
Allah et akhbar. Voilà! je viens de trouver! Merci Google. En fait, ça s'écrit Allahu akhbar (voir http://en.wikipedia.org/wiki/Takbir), c'est
pour ça que j'entendais ce "ou". Quand j'étais petit, il y avait un magasin à rayons qui s'appelait A.L. Achbar... Je me demande depuis longtemps si le propriétaire avait fait une allusion cachée
(cachée pour nous petits gatinois des années '60) au Dieu de Mahomet dans le nom de son magasin... En fait il y a un journal libanais qui s'appelle Al Achbar et Achbar est effectivement un nom de
famille (remerci Google).
Po-politique tique tique
Tique qui pique viens que je te pique de ma pique acérée... Juste avant d'entrer au Barbare (avec la broue dans l'toupette...) on a vu des voitures de police se ranger au coin de la
rue. Y'avait une manif. qui arrivait! Le temps que je sorte mon appareil photo, zap! la manif était passée... C'est pour ces quelques péquenauds qu'on avait mobilisé la force constabulaire? En
fait c'était une manifestation du parti indépendantiste (http://parti-independantiste.org/). Je vous jure, s'il y avait 20 personnes c'était beau!
Ah oui, on a aussi croisé Amir Kadir qui se rendait à son bureau de comté (juste à côté du Barbare). En fait, Amir est co-chef (eh oui, c'est un parti bicéphale...) du parti Québec solidaire
avec Françoise David (http://www.quebecsolidaire.net/)
La politique grouille de partout ces temps-ci chez nous. On vote demain pour élire le gouvernement du Québec et on a voté au mois de novembre pour élire le gouvernement fédéral. Les deux sont
minoritaires et on n'est pas habitués à ça ici. La semaine passée les trois partis d'opposition se sont unis pour former une coalition destinée à remplacer le parti conservateur au pouvoir. Mais
pour ça, il faut battre le parti au pouvoir lors d'un vote de confiance, qui a été reporté d'une semaine. Le premier ministre a demandé à la gouverneure générale (eh oui, nous sommes toujours
dans l'empire d'Angleterre) de proroger la session jusqu'à la fin janvier. Elle a accepté mais elle n'avait pas vraiment le choix. Elle a le pouvoir de refuser mais les usages veulent que le
gouverneur général accède aux demandes du premier ministre élu. Ça fait quand même spécial cette fuite en avant du premier ministre qui se sauve pour ne pas qu'on le batte en chambre. Le pays est
divisé.
Ce serait quand même spécial comme situation. Le chef du parti libéral, qui vient de démissionner à cause de sa piètre performance aux élections, deviendrait premier ministre en tant que
chef de la coalition qui compterait parmi ses membres le parti du Bloc Québécois, ouvertement souverainiste et anti-libéral. Il est vrai que tous sont surtout anti-conservateurs.
Tout ça occulte la campagne électorale provinciale mais, de toute façon, ces messieurs dames n'ont pas grand'chose à dire. J'en discutais justement avec Xavier, les médias ne nous parlent
pas des enjeux, ils discutent des stratégies, des images, des gaffes et des non-gaffes... Peut-être est-ce parce qu'il n'y a pas vraiment d'enjeu. Il est vrai que tout le monde se rend bien
compte que le gouvernement a déclenché les élections seulement parce que le timing semblait bon pour obtenir un gouvernement majoritaire. C'est probablement ce qui va arriver avec une minorité de
la population qui ira voter...
Sondages ou pas sondages?
J'entendais un analyste politique brillant ce matin à la radio (Clinton Archibald de l'Université d'Ottawa)...
Regardez ce que j'ai trouvé en cherchant Clinton Archibald sur Google, une photo de Bill et Hillary dans leur prime jeunesse:
Mignons non?
Toujours est-il que mon monsieur Archibald souhaiterait qu'on interdise les sondages deux semaines avant le vote, sinon pendant tout la campagne. Je suis assez d'accord. Je crois que les sondages
faussent les résultats et ne servent qu'à alimenter les médias. Donc, demain, nous aurons un nouveau gouvernement.
Souhaitez-moi bon vote...
François