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Samedi 8 novembre 2008
Me voici de retour pour, je l'espère, la dernière tranche de mes aventures africaines de mars dernier.

Nous nous étions laissés sur le concert manqué de Habib Koite. En effet, il était venu pendant la semaine où j'étais à Sacré-Coeur chez Keur Mémé. J'adore Habib Koite alors j'étais immensément désolé de ne pas l'avoir vu sur la scène en plein air du Centre culturel français. Un musicien africain sous le ciel étoilé d'Afrique, je suis sûr que ça a été formidable. Surtout que mon ami de la réception me dit qu'il lui a parlé et qu'il l'a trouvé fort sympathique. Il ne savait pas que c'était une vedette internationale (oui, oui, même si vous ne le connaissez pas, c'est vrai!) Il a logé dans une chambre que j'avais déjà occupée, juste à côté de la mienne. Bon, trêve de débilités de fan fini.

Je me suis quand même rattrapé à Montréal. Nous sommes allés le voir, au Métropolis je crois, et nous étions sur le bord de la scène. Une petite photo? Allez, une petite photo...

Bon, c'est un peu embrouillé mais l'éclairage était faible et ça bougeait...

Donc, je suis de retour à Dakar, au boulot. Je vous mets aussi une petite photo de la belle Fatou, une des secrétaires de l'ENDSS qui aime bien que je la prenne en photo et que j'aime bien prendre en photo parce qu'elle est gentille souriante et belle.


La semaine est encore perturbée par la fête du prophète. En effet, jeudi (si je me souviens bien) c'était la fête du prophète, donc c'est férié. Ça veut dire aussi que les fervents prient toute la nuit de mercredi à jeudi et que, le mercredi, une marée humaine se dirige vers les lieux de pèlerinage, dans ce cas-ci c'est surtout vers Tivaouane et il faut partir de bonne heure si on ne veut pas être embourbé dans les embouteillages monstre.

Le Gamou de Tivaouane

La photo n'est pas de moi, je n'y suis pas allé. Par contre, j'ai rencontré un journaliste né à Montréal qui travaillait en free lance pour des médias américains qui, lui, voulait y aller. Sheldon Chad était en Afrique depuis déjà quelques semaines et avait des projets d'interview avec Abdoulai Wade. C'était sa première fois en Afrique et il était sous le charme. Il était aussi fasciné par les confréries musulmanes du Sénégal. J'ai dîné avec Sheldon au restaurant "?" (c'est son nom) juste à côté de l'hôtel. J'aime bien ce petit resto où on mange des spécialités sénégalaises dans une ambiance sans façon. Il y a aussi le Touba qui a l'avantage de servir de dibi.

Les charmantes serveuses du "?"

Les serveuses ont fini par convaincre Sheldon que c'était un peu beaucoup fou de partir pour Tivaouane en fin de journée comme ça. J'ai donc emmené mon nouvel ami juste en face chez mon antiquaire préféré et sa caverne d'Ali Baba. Il est situé dans une ruelle de fond de cour en face de l'hôtel, il faut vraiment savoir qu'il est là. C'est un tout petit réduit où sont empilées ce que j'estime être des merveilles glanées ici et là. Mais c'est vraiment le foutoir intégral.

Mon boutiquier dans sa caverne d'Ali Baba

Mon ami Sheldon chez l'antiquaire

Jeudi, j'ai pu prendre quelques photos dans un Dakar très tranquille parce que c'était congé.






















Je travaille aussi mais, bon, comme je vous disais, je prends des photos quand je ne travaille pas. Je ne pouvais toutefois pas manquer de prendre en photo celles qu'on surnomme les jumelles (elles sont toujours ensemble). Quel plaisir de travailler avec ces jeunes femmes dynamiques et créatives, avec leur rire sonore et leur complicité!


On les voit ici avec Mariam Sow (en rose) qui est si gentille, comme une soie et dont j'évoquais le triste décès de la mère dans un article précédent.

J'arrive donc à mon dernier week-end au Sénégal (Afrique chérie quand te reverrai-je?). On m'avait parlé du parc de Bandia où on peut faire une sorte de mini safari photo. Je me renseigne à l'hôtel auprès de mon ami le réceptionniste qui me reçoit toujours avec le sourire:

Il semble toujours content de me voir...Moi en tout cas, je suis toujours très content de le voir.

Il m'informe que je peux faire appel à une agence. Je réserve, ils doivent venir me prendre à 7:30 heures samedi matin. Je suis prêt à 7:15 heures mais ils ne se pointent jamais. J'appelle, je discute, rien à faire, je suis largué. Qu'à cela ne tienne, je n'étais jamais allé sur l'île de N'Gor alors je prends un taxi et j'y vais. J'y ai passé une très belle journée.

On accède à l'île de N'Gor par une pirogue. C'est une île toute petite qui n'a pas grand-chose à voir avec celle de Gorée célèbre dans le monde. On en fait rapidement le tour mais il est agréable d'y flâner. Sa plus célèbre résidente est France Gall (elle y est de temps en temps). Quelques photos? quelques photos...

Allée N'Gorienne

Chez France Gall...

Le rivage côté mer.

Une petite villa inoccupée. Il y en a plusieurs comme ça. C'est triste, cette petite villa est située face à la mer et il serait très facile de la retaper pour en faire un petit repaire à dolce vita, mais bon... je vous en reparle plus loin.

Citation sur mur sur mer.

La porte bleue...

La porte verte...

La porte aux canettes...

Allée fleurie

En déambulant tout en bullant nonchalamment, j'ai repéré ce qui semblait être un petit café avec de petites tables. La proprio., une Française, me répond que je peux revenir vers 13:00 heures, il y aura à manger. Je reviens donc à l'heure dite et elle me fait une petite sole. Comme je suis le seul client, je l'invite à s'asseoir à ma table qu'on placotte un peu. Quand elle me voit m'escrimer avec ma solette plein d'arêtes, elle me dit qu'elle a pourtant averti son mari (sénégalais) de ne pas acheter ce type de poisson qu'il trouve toutefois meilleur que bien d'autres. Désolée de me voir ainsi me battre avec le poisson, elle me fait un petit capitaine (si ma mémoire ne me trompe pas) qui, ma foi, était beaucoup plus coopératif. Elle est là depuis deux ans (si je me souviens bien) (oh! ça va! t'as pas fini de nous barber avec ta mémoire qui flanche? de tout façon on n'était pas là alors, tu peux bien dire ce que tu veux...) et elle s'y plaît, bien qu'elle ira probablement passer l'été en France: l'hivernage (c'est comme ça qu'on désigne la saison de juin à octobre) est trop chaud et trop humide pour elle. Sa maison, elle l'a louée (pas très cher d'ailleurs) après quelques péripéties. C'est tout petit mais c'est à aire ouverte et c'est charmant. Elle a un passage vers l'eau. Adorable tout ça. Ça donne le goût d'y vivre. Elle aurait voulu louer la petite villa que j'ai photographiée mais c'était impossible pour d'obscures raisons liées aux pouvoirs occultes de l'île. Elle me parle de sa vie tranquille après la trépidance de Paris d'où elle vient. Elle me parle aussi des problèmes qu'elle a à être complètement acceptée par les quelques habitants de l'île qui appartient à un nombre très restreint de familles. Ce sont des Lebous (les pêcheurs, comme ceux de St-Louis) qui contrôlent l'île et on ne peut rien y faire sans leur accord. Elle me raconte l'aventure malheureuse de son mari qui, pourtant avait eu une bonne idée, autorisée par le maire et tout et tout... mais, non, les familles n'ont pas voulu. Elle me parle aussi d'un Français qui avait commencé à construire un petit hôtel et qui s'est vu arrêter en plein chantier, ruiné...

D'autres m'ont parlé de ces petites "mafias" tribales-familiales qui ne sont pas faciles à éviter. L'Afrique est tissée d'influences et de pouvoirs qui n'ont rien à voir avec la loi ou les règles communément établies et il faut faire avec sinon on ne va nulle part.

Ma gentille hôtesse

Et son charmant petit café.

Bon, eh bien, je crois que je vais encore avoir du matériel pour un autre article...

Par François Cauchy - Publié dans : Afrique
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