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Lundi 13 octobre 2008
Hou là, ça fait longtemps que je n'ai  pas écrit! Bon! Je m'y mets et je me fie aux photos que j'ai gardées pour vous faire la chronique. Hélas, la mémoire étant ce qu'elle est, les détails seront flous sinon manquants.

On en était où déjà? ah oui, dans le Minervois avec Antoine. En fait, au moment où j'écris ces lignes, il y est retourné pour les vendanges et autres travaux, après un long passage à Rome avec Florence, que je n'ai pas eu encore le plaisir de rencontrer, et un petit crochet par ici, dont nous reparlerons, pour une historie de visa. Mais, retournons à Cesseras.

En fait, ce beau matin du 5 décembre 2007, on part se promener dans le coin.


Ça, c'est les Pyrénées vues de la fenêtre du Château où nous logeons.

Cesseras et sa région profitent d'un micro-climat où le vent presque toujours violent chasse les nuages (explication simpliste d'un phénomène réel). Donc, nous partons tous les deux explorer le coin.


Les toits de Cesseras.

Après un assez long trajet dans l'arrière pays, nous aboutissons chez une copine bergère qu'Antoine devait voir pour une question de sous. La maison est perdue entre nulle part et ailleurs et la copine est bergère... quand même, c'est spécial non?


La maison de la bergère.

Bon, comme elle n'est pas là, on repart. Ce qui nous permet, sur des routes plus petites que minuscules de voir quelques jolis panoramas dans la garrigue. Et ça sent les fines herbes, et il fait beau. C'est super.


Une ligne pointillée qui, ma foi, ne sert pas à grand-chose sur une route qui a à peine la largeur d'une voiture...


La garrigue et le garrigou (ou le garou gui?) (qui? Garou? où?) (derrière le buisson...) (Je croyais avoir créé un néologisme mais il y a des garrigou en France, dont un champion cycliste...)

Après une longue route sur laquelle nous avons croisé des chasseurs de sanglier et des sangleurs d'échassier, nous arrivons pour déjeuner à St-Chinian. Je trouve très agréable de me trouver dans une ville qui porte le nom d'un vin que j'aime bien. D'ailleurs, toute la petite ville, agréablement située, respire le vin. On a mangé au café de la poste (enfin, quelque chose comme ça) des ragoûts, sauce au St-Chinian qui étaient très bons. Antoine a mangé un ragoût d'antilope je crois. Antilope? Quand on a demandé au serveur il a paru étonné qu'on demande, il est allé s'enquérir auprès du cuisinier qui lui a répondu que c'était ça qu'il y avait chez le boucher... Et toc! pour l'antilope. Mais quand même, vous aussi non? vous trouvez ça spécial de l'antilope dans un bistro St-Chinianais?


Fait beau et chaud à St-Chinian (petit rappel, on est le 5 décembre...).


Drôle d'association: on t'emmène en ambulance, on te charcute et on t'embaume. Vite fait, bien fait.


La petite ville est séparée en deux par cette petite rivière qui forme un joli petit vallon derrière les petits jardins des petites maisons.


Antoine en pays de connaissance...

Nous avons fait la tournée des petits ducs dans les magavins dont un, avec des connaisseurs plutôt sympas, et nous sommes repartis, le coeur guilleret et l'âme gouleyante, sur les belles routes de France. Je me suis fait flasher par un flash pirate mais je n'ai jamais eu de nouvelles... Probablement un photographe ivre.

Le lendemain, Antoine m'emmène dans ses vignes. En fait ce sont celles de sa patronne mais je crois qu'elle aime bien qu'il les considère un peu comme les siennes.


Entre vieux ceps, on se comprend...


Cabane de berger en pierre des champs avec viticulteur-claveciniste en prime.

Ce soir, on est invités à dîner chez Christine et Gérard, à Montolieu (vous savez bien, le village du livre...) (ah bon, je croyais que tout le monde connaissait...) . On en profite pour y aller par le chemin des écoliers. On passe par les grottes de je-sais-plus-comment-ça-s'appelait. C'était très impressionnant avec des paysages à couper le souffle (on a d'ailleurs dû se faire réanimer plusieurs fois)


Ça c'est le village de je-sais-plus-où là où il y avait les grottes au souffle coupé.


Grottes du coupe-souffle.


Nous voici à Pont-à-vélo

Nous sommes aussi passés par Lastours où nous avons vu les ruines des châteaux cathares. C'était très beau (encore des problèmes de souffle...)



En fait, ce qui m'a fasciné pendant cette balade, c'est l'évolution du paysage, de la végétation et du climat qui va avec. En un après midi nous en avons vu de toutes les couleurs. C'est, selon moi, un des grands attraits de la France. Une telle diversité de paysages, de cultures, de cuisines, de traditions, sur un si petit bout de terre, c'est fascinant...

Arrivés chez Christine et Gérard, bel accueil soirée sympa et retour au bercail.


Nos hôtes: Christine et Gérard.

Le lendemain, on part à la recherche de la mer en passant par Narbonne. Balade intéressante dans les rues de la ville où il y eut jadis une révolte de vignerons. Ce que j'ai préféré, c'est le déjeuner aux halles avec la bouchère qui lance la viande emballée au cuisinier, par dessus l'allée et au-dessus de nos têtes, avec le petit pinard à volonté et les habitués du coin. C'était pas de la gastronomie mais c'était bon.


La révolte des vignerons. Photo prise cent ans plus tôt, de l'endroit où on était.


Viens par là ma jolie baudroie. Je sais pas si c'est bon, mais c'est pas beau...


Le bistro sympa (Le zinc) aux halles (ah oui, l'autre où Antoine voulait m'emmener (Chez Bébelle), juste à côté, était déjà tout réservé)


C'est vrai que c'est pas de l'onglet de chevreau sur son lit de verdurette nappé d'un coulis de vergogne à la glandouillette flambée, mais c'est bon et ça tient au corps. Je n'oublierai jamais ce moment...


Pas plus que cet autre d'ailleurs où je mangeai le dibi à Thies... mais nous nous égarons, revenons à Narbonne.

Promenade dans la jolie ville, à la recherche d'un endroit public mais clos où nous pourrions en toute civilité et quiétude soulager notre vessie qui menaçait cruellement de se fissurer lamentablement. Peine perdue...


Aux grands maux les grands moyens, que la fin justifie... Allons aux urnes, c'est démocratique (Antoine a aussi pris une photo de moi, que je vous épargne).

Le reste de l'après midi fur passé à chercher une épave en écumant des stations balnéaires horribles. Nous trouvâmes l'épave qui s'avéra être un casino. Notre romantisme pirate s'échoua lamentablement dans les sables froids de la côte-aux-richards sans goût...


Le casino, qui n'a de charmant que le prénom de belle-maman...

Nous avons fini la soirée très agréablement (après être passés chez Bubu qui nous a fait goûter un vin pas possible (non, mais il est trop jeune, ça va venir!)) chez des amis d'Antoine (Hervé et Denise) et leur charmante fille (Zoé?).


Le lendemain, déjà le départ, les adieux et tout et tout. Je repars par l'autoroute qui traverse la France par Clermont-Ferrand, ce qui me donne l'occasion de prendre le viaduc de Millau.



La route est longue et il ne fait pas beau. J'arrive dans la région parisienne où je tourne en ronds en ne voyant à peu près rien à cause du crachin et du noir transi qui me menacent de leurs miasmes dégueulasses, quand, enfin, j'arrive à bon port dans la chaumière accueillante d'Anick et de Bernard qui avaient invité la famille à venir dîner avec moi. C'est gentil non?



Retour au Québec.

À bientôt, pour de nouvelles-z-et trépidantes-z-aventures!
Par François Cauchy - Publié dans : Voyage
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Jeudi 27 décembre 2007
Le marché d’Olonzac, Sète et danse étrange à Montpellier
 
D’abord, quelques photos de Cesseras. 

Photo-102.jpg C’est un petit village près d’Olonzac, entre Carcassonne et Narbonne. Quatre cents habitants, un petit café avec le patron, Gugu, et les habitués, dont Pastissou (devinez d’où il tient son surnom…) une petite épicerie, des ruelles médiévales et un château, que nous habitons (un vin porte son nom : http://www.vindepayswines.com/inc/sdetail/2951

Photo-045.jpg Ça se résume à peu près à ça. Tranquille, c’est le moins qu’on puisse dire. Y’a aussi une église, fermée, dont Antoine se fait ouvrir la porte de temps en temps pour aller toucher l’orgue qui, paraît-il, n’est pas terrible.

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Mardi matin, c’est le marché à Olonzac. Nous allons y faire les courses et nous rencontrons Laure, amie d’Antoine, avec une bande d’autres copains du volley du vendredi. Nous musardons du fromager, au boulanger, au charcutier et au boucher, achetons fromages, viandes (filets de canette, grattons http://o.maley.free.fr/lyonnaiseries/grattons.htm que nous mangeons comme des chips, très diète…). Le fromager nous vend (cher) ses fromages pur brebis dont un très dur (et rès bon) à ne pas réfrigérer, on achète aussi un saucisson mais il est de Savoie (aux noisettes) comme à Annecy. Durs à battre ces saucissons de Savoie. Le fromager me raconte avoir déjà eu des plans pour aller vivre au Québec, un jour peut-être fera-t-il ses pour brebis du lait de nos agnelles…

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Tout de suite après le kiosque du charcutier, nous croisons des gens qui ont un cochonnet vivant sur leur étal. J’ai failli m’exclamer : Tiens, un saucisson vivant…J’ai bien fait de me retenir, c’était un stand pour la protection des animaux… On lui achète une boîte de pastilles des Vosges, pour la bonne cause, et hop chez le boucher… Il faut savoir assumer ses contradictions dans ce monde dialectique.
 
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Apéro sur la terrasse du Café, profitant du soleil matinal et nous voilà partis pour Sète. En fait, nous avons des billets pour un spectacle de danse à Montpellier mais comme Antoine n’a pas encore vu la méditerranée, on y va.
 
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Petit arrêt sur la plage, visite rapide du cœur de Sète où j’achète le champagne pour Noel et nous arrivons è Montpellier. J’y étais déjà venu et j’en gardais un bon souvenir. Surtout cette magnifique place où se trouve le théâtre. C’est toujours aussi superbe. En attendant le spectacle, nous nous promenons dans le coin. Antoine m’amène dans une boutique de vins qu’il connaît où nous faisons quelques achats, dîner dans une brochetterie et nous nous rendons au spectacle.

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Le spectacle a lieu à l’opéra Berlioz du Corum. C’est un complexe qui regroupe des salles de spectacle et un palais des congrès. Très impressionnant et très cher si on en croit ce qu’on trouve sur Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Corum_(Montpellier)). On y assiste à un spectacle de danse d’une troupe japonaise dont j’ai oublié le nom. Elle est pourtant très réputée et la salle (gigantesque) est pleine. Je crois que c’était du Butoh et ça ressemble un peu à ça : http://zapatosardientes.canalblog.com/archives/2006/05/16/4384350.html musique (?) comprise.
 
Soyons clairs : j’ai beaucoup apprécié ma journée et ma soirée avec Antoine Hugo et je n’oublierai jamais cette expérience à l’Opéra Berlioz, mais j’ai déjà un peu de difficulté avec la danse moderne, là, j’étais soufflé… Déjà, d’où j’étais (dans une loge au plafond) je voyais mieux la foule que la scène. J’ai donc médité sur cette foule qui se délectait d’une musique qui n’en était pas et de micro-mouvements de danseurs blanchis pleins de l’angoisse-de-vivre-dans-ce-monde-horrible-où-tout-est-menaçant, bien calés dans leurs fauteuils confortables issus de leurs vies confortables dans une ville confortable. Je me suis vu comme projeté dans un film de s.f. où l’art était devenu quelque chose que je ne sais plus quoi c’est. Bon, si le but était de désarçonner, j’avoue que c’était réussi. Mais quand même, danser avec un paon vivant sur scène… mettons que… faut le faire.
 
Moment spécial quand même : un des numéros (étrange d’utiliser ce terme, on se croirait au music-hall…) était accompagné de musique (oui, oui, de la vraie musique, de la cornemuse en fait) et pendant de longues minutes le danseur faisait semblant d’être un nain souriant qui déconnait sur la scène. Une fois ses proportions normales reprises, il s’est mis à danser joyeusement et simplement au son obsédant de la cornemuse (oui, oui, il dansait). La foule a applaudit cette seule pièce. Comme si on lançait un message qui disait : Bon on est ici parce que c’est in mais au fond, on aime bien, comme tout le monde, comme le bon peuple, les choses simples et sympathiques. Mais retournons bien vite dans l’hermétique et le noir de vivre puisque c’est à la hauteur de notre fulgurante intelligence et de notre superbe culture…
 
À la fin, (c’est fou, mais ça m’a étonné) tout le monde a applaudi à tout rompre. Peut-être tout ceci n’était-il pas à la portée de mon cerveau vieillissant et ramolli. Je n’ai pas applaudi.
 
J’ai discuté de tout ça avec Antoine à la fin. Il a adoré et m’a expliqué pourquoi. Je crois avoir compris mais je n’aime pas plus qu’avant. On est rentrés après un autre petit tour sur la superbe place.
 
Dodo.
Par François Cauchy - Publié dans : Voyage
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