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Samedi 21 février 2009
Barack Obama est venu à Ottawa cette semaine. C'est vous dire la frénésie Obamienne qui s'est emparée de la Colline parlementaire et de tout le pays. Ce qu'on a tendance à oublier, c'est que le Canada est traditionnellement le premier pays que visite un nouveau président américain. Bon voisinage oblige. W avait toutefois manqué à cette tradition en allant plutôt visiter le Mexique ce qui, en soi, n'était pas une mauvaise idée.

Parlant de W. (Bush, s'entend) j'ai écouté le commentaire d'une journaliste qui couvre l'actualité politique d'Ottawa (Chantal Hébert, je crois vous en avoir déjà parlé). Elle reprenait certains des propos d'Obama, que tous ont trouvés charmants, et les replaçait dans la bouche de W.. Nous aurions tous trouvé ça ridicule... Par exemple, Barack se trompe et annonce d'entrée de jeu qu'il est content d'être ici en Iowa, pardon, au Canada. C'eût été Bush on se serait dit Mais quel con ce mec... En partant, il annonce qu'il sera heureux de revenir au Canada...quand le pays se sera réchauffé. C'eût été Bush, on se serait dit Ben voilà, il souhaite le réchauffement climatique. Quel con ce mec!

 

Ceci étant dit, j'aime bien Barack, son sourire ravageur, son élégance naturelle, sa négritude mais aussi le ton général de ses propos plus accueillants, apaisants. Et puis, W. nous avait donné tant d'occasions de le détester que tout ce qu'il aurait pu dire ou faire aurait été foutu illico aux ordures.

 

Barack rentrant chez lui, congelé...

 

Obama a aussi surpris tout le monde en s'arrêtant dans le maché By, soi-disant pour acheter des biscuits feuille d'érable à ses filles. Je ne sais pas si c'est ceux que je connais mais les biscuits feuille d'érable sont tout sauf exceptionnels.

Enfin, tous les goûts sont dans la nature (dans la culture?)

Donc, il s'arrête, prend un bain de foule, se fait prendre en photo avec des gens qui doivent encore en être babas. Il est très apprécié. On le comparait l'autre jour, Jocelyne et moi, avec Sarko. Jocelyne aime bien Barack mais alors, Sarko... Et pourtant, avec son petite côté chat de gouttière bling-bling, il fait très populaire. C'est vrai, c'est pas du tout le même style, mais je suis sûr que son côté gouailleur lui attire beaucoup de sympathie. En passant, je vous réfère au Blog d'une amie d'origine française qui écrit très bien et qui se permet une petite sortie sur son président de terre natale ( http://aurelie-au-canada.over-blog.com/article-27794932.html ). Elle y parle d'une controverse qui, moi, me laisse assez froid alors que ça a enflammé le Québec. Histoires de clochers franco-cocorico...

Revenons à Barack. Il existe à Ottawa une gourmandise qu'on appelle la Queue de castor (ça y est, vous venez de piger l'origine du titre...). Les enfants adoraient quand on allait patiner avec eux sur le Canal Rideau (la plus longue patinoire au monde...). On s'arrêtait aux kiosques sur la glace pour se réchauffer de queues de castor bien chaudes. Âmes sensibles se rassurer: on ne fait pas cuire de vraies queues de castor en renvoyant courir dans la nature ces sympathiques rongeurs amputés de leur caractéristique appendice.

Merci dame inconnue pour cette photo que j'ai prise quelque part sur le Web

La queue de castor c'est donc de la pâte à beignets frite et recouverte de sucre, de nutella, de confiture, un peu comme une crêpe. Le propriétaire de la chaîne (eh oui, c'est une chaîne qui ouvrira bientôt des succursales en Égypte et au Qatar...) (Castors égyptiens, unissons-nous face à la menace impérialiste mondiale!) avait créé pour l'intronisation de Barack Obama, une queue Obama avec un O de chantilly dessus. Le président, n'y ayant pas goûté à Washington, était donc curieux de le faire à Ottawa. Ce qu'il a fait. La jeune femme qui l'a servi a été interviewée des dizaines de fois le lendemain.

Ce que j'ai appris ce matin, c'est que Hilary Clinton avait déjà dégusté ce délice ontarien alors qu'elle patinait sur le canal glacé, pendant que son Bill potinait ailleurs. En réponse à la question qui lui était posée, le patron de chaîne a répondu: Non, personne n'a mangé de queue Clinton...

François

Par François Cauchy - Publié dans : chronique
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Dimanche 15 février 2009
Bonjour tout le monde (comme s'il y avait des hordes de gens avides qui se jetaient sur mes textes comme si, pour eux, c'était vital)...

Je ne sais pas encore de quoi je vais vous parler mais je sens que ça va venir. D'abord, un mot sur la série d'articles de Jonheed Khan, de La Presse, sur le Congo et la tragédie du Kivu. On parle beaucoup du Darfour, et c'est bien, mais on a tendance à oublier le Kivu (région septentrionale de la République du Congo) où sévissent Hutus, Tutsis, armée régulière, et, plus récemment la terrible et sanguinaire Armée de résistance du Seigneur ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_r%C3%A9sistance_du_Seigneur) qui a fait régner la terreur en Ouganda depuis des dizaines d'années. Et, face à tout ça, la force de l'ONU (la MONUC) qui regarde placidement ce qui se passe depuis des années. Jetez un coup d'oeil à http://www.cyberpresse.ca/dossiers/la-presse-au-congo/

Il y a aussi Morgan Tsvanguirai qui a été nommé premier ministre au Zimbabwe. Situation très difficile avec son ennemi juré (Robert Mugabe) comme président, une inflation de je ne sais plus combien de milliards de pour cent, un chômage de 94% et une épidémie de choléra... Je lui souhaite bonne chance, car il va en avoir besoin.

À part ça, c'était le grand Magal de Touba au Sénégal ( http://www.au-senegal.com/+Grand-magal-de-Touba+.html) sur lequel mon ami Sheldon Chad a fait un reportage (en anglais) diffusé cette semaine à la CBC (http://www.cbc.ca/dispatches/  dans le bas de la page)  et, finalement, un beau numéro de Géo en janvier sur le Sénégal (http://www.geo.fr/en-kiosque/geo-janvier-23695).

Ici, c'est toujours l'hiver mais les journées allongent ce qui donne un peu d'espoir. C'était l'anniversaire d'Antoine Hugo le 4 février. On a fêté ça tous ensemble au Pied de cochon, un resto très cochon. C'était très agréable de se retrouver tous ensemble. Il y avait aussi notre nièce Céline et son ami Guillaume qui, entre Banff et Paris, sont revenus passer quelques semaines chez nous avant de repartir à l'aventure en Australie, où on ira peut-être les voir.

Xavier en grande bouffe au Pied de cochon

Antoine et son spare rib de bison accompagné de son cornet de frites.

Antoine a continué les festivités de ses 29 ans (déjà!) en allant dîner avec Odile, sa marraine et en organisant avec les colocataires, un party intergénérationnel du mardi gras. J'étais invité mais le même jour, j'avais l'enterrement d'un de mes oncles (Gilles) à Québec. J'y suis allé avec Odile et nous y avons revu moult oncles, tantes et cousins-cousines. En soirée, j'étais revenu et j'ai pu me présenter à la fête donnée par Antoine, déguisé en Indiana Jones.
Antoine en danseur, moi en Indiana Jones et Mani en kelkechose...

Bon, je l'admets, j'ai plus l'air d'un paysan qui sort de son champ de patates que d'un aventurier de l'arche perdue mais l'intention y était.... J'étais bien content de revoir Mani, un vieux copain d'Antoine qui est devenu avocat (sur la photo, il est un peu vinaigré, mais oui, c'est un avocat).

Je me suis promené dans cette belle jeunesse, cherchant une conversation à interrompre pour m'y glisser maladroitement et j'ai trouvé. Deux Vénézuéliens (Ugo Chavez cherche justement aujourd'hui à amender la constitution par référendum pour se présenter une 3e fois).
Mes amis Vénézuéliens

On a discuté de tout, en commençant par les Argentins qui, selon eux, se prennent pour d'autres et en finissant par se demander si on pouvait être chrétiens sans croire en Dieu... L'un des deux, celui avec el T-Shirt All Blacks, m'a avoué avec une certaine gêne ce qu'il n'aimait pas chez les Québécois (parmi tout un tas de choses qu'il aimait, bien sûr). Il craignait de m'en parler parce qu'il ne voulait pas que je lui en veuille... Il a fini par me dire qu'en résumé, il n'aimait pas que nous trouvions notre bonheur dans la consommation et que nous cherchions à remplir le vide en nous en consommant, en achetant, toujours plus et plus. Que si c'était ça le sens de la vie, lui, il rentrait à la maison. Je n'ai pu que lui donner raison. Pas de rentrer, mais que, oui, on accorde trop de place à la consommation, que si tout le monde vivait comme nous, on aurait besoin de quoi? 5 ou 6 planètes comme la nôtre. Mais que, dès qu'on ralenti notre rythme de consommation (comme actuellement) on se fout dans une crise mondiale. Triste constat. Continue-t-on tête baissée?

Et nous qui bouffions comme des perdus au Pied de cochon... C'était quand même bien bon.

François

Par François Cauchy
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