Jeudi 27 décembre 2007
Le marché d’Olonzac, Sète et danse étrange à Montpellier
 
D’abord, quelques photos de Cesseras. 

Photo-102.jpgC’est un petit village près d’Olonzac, entre Carcassonne et Narbonne. Quatre cents habitants, un petit café avec le patron, Gugu, et les habitués, dont Pastissou (devinez d’où il tient son surnom…) une petite épicerie, des ruelles médiévales et un château, que nous habitons (un vin porte son nom : http://www.vindepayswines.com/inc/sdetail/2951

Photo-045.jpgÇa se résume à peu près à ça. Tranquille, c’est le moins qu’on puisse dire. Y’a aussi une église, fermée, dont Antoine se fait ouvrir la porte de temps en temps pour aller toucher l’orgue qui, paraît-il, n’est pas terrible.

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Mardi matin, c’est le marché à Olonzac. Nous allons y faire les courses et nous rencontrons Laure, amie d’Antoine, avec une bande d’autres copains du volley du vendredi. Nous musardons du fromager, au boulanger, au charcutier et au boucher, achetons fromages, viandes (filets de canette, grattons http://o.maley.free.fr/lyonnaiseries/grattons.htm que nous mangeons comme des chips, très diète…). Le fromager nous vend (cher) ses fromages pur brebis dont un très dur (et rès bon) à ne pas réfrigérer, on achète aussi un saucisson mais il est de Savoie (aux noisettes) comme à Annecy. Durs à battre ces saucissons de Savoie. Le fromager me raconte avoir déjà eu des plans pour aller vivre au Québec, un jour peut-être fera-t-il ses pour brebis du lait de nos agnelles…

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Tout de suite après le kiosque du charcutier, nous croisons des gens qui ont un cochonnet vivant sur leur étal. J’ai failli m’exclamer : Tiens, un saucisson vivant…J’ai bien fait de me retenir, c’était un stand pour la protection des animaux… On lui achète une boîte de pastilles des Vosges, pour la bonne cause, et hop chez le boucher… Il faut savoir assumer ses contradictions dans ce monde dialectique.
 
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Apéro sur la terrasse du Café, profitant du soleil matinal et nous voilà partis pour Sète. En fait, nous avons des billets pour un spectacle de danse à Montpellier mais comme Antoine n’a pas encore vu la méditerranée, on y va.
 
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Petit arrêt sur la plage, visite rapide du cœur de Sète où j’achète le champagne pour Noel et nous arrivons è Montpellier. J’y étais déjà venu et j’en gardais un bon souvenir. Surtout cette magnifique place où se trouve le théâtre. C’est toujours aussi superbe. En attendant le spectacle, nous nous promenons dans le coin. Antoine m’amène dans une boutique de vins qu’il connaît où nous faisons quelques achats, dîner dans une brochetterie et nous nous rendons au spectacle.

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Le spectacle a lieu à l’opéra Berlioz du Corum. C’est un complexe qui regroupe des salles de spectacle et un palais des congrès. Très impressionnant et très cher si on en croit ce qu’on trouve sur Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Corum_(Montpellier)). On y assiste à un spectacle de danse d’une troupe japonaise dont j’ai oublié le nom. Elle est pourtant très réputée et la salle (gigantesque) est pleine. Je crois que c’était du Butoh et ça ressemble un peu à ça : http://zapatosardientes.canalblog.com/archives/2006/05/16/4384350.html musique (?) comprise.
 
Soyons clairs : j’ai beaucoup apprécié ma journée et ma soirée avec Antoine Hugo et je n’oublierai jamais cette expérience à l’Opéra Berlioz, mais j’ai déjà un peu de difficulté avec la danse moderne, là, j’étais soufflé… Déjà, d’où j’étais (dans une loge au plafond) je voyais mieux la foule que la scène. J’ai donc médité sur cette foule qui se délectait d’une musique qui n’en était pas et de micro-mouvements de danseurs blanchis pleins de l’angoisse-de-vivre-dans-ce-monde-horrible-où-tout-est-menaçant, bien calés dans leurs fauteuils confortables issus de leurs vies confortables dans une ville confortable. Je me suis vu comme projeté dans un film de s.f. où l’art était devenu quelque chose que je ne sais plus quoi c’est. Bon, si le but était de désarçonner, j’avoue que c’était réussi. Mais quand même, danser avec un paon vivant sur scène… mettons que… faut le faire.
 
Moment spécial quand même : un des numéros (étrange d’utiliser ce terme, on se croirait au music-hall…) était accompagné de musique (oui, oui, de la vraie musique, de la cornemuse en fait) et pendant de longues minutes le danseur faisait semblant d’être un nain souriant qui déconnait sur la scène. Une fois ses proportions normales reprises, il s’est mis à danser joyeusement et simplement au son obsédant de la cornemuse (oui, oui, il dansait). La foule a applaudit cette seule pièce. Comme si on lançait un message qui disait : Bon on est ici parce que c’est in mais au fond, on aime bien, comme tout le monde, comme le bon peuple, les choses simples et sympathiques. Mais retournons bien vite dans l’hermétique et le noir de vivre puisque c’est à la hauteur de notre fulgurante intelligence et de notre superbe culture…
 
À la fin, (c’est fou, mais ça m’a étonné) tout le monde a applaudi à tout rompre. Peut-être tout ceci n’était-il pas à la portée de mon cerveau vieillissant et ramolli. Je n’ai pas applaudi.
 
J’ai discuté de tout ça avec Antoine à la fin. Il a adoré et m’a expliqué pourquoi. Je crois avoir compris mais je n’aime pas plus qu’avant. On est rentrés après un autre petit tour sur la superbe place.
 
Dodo.
par François Cauchy
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Dimanche 23 décembre 2007
 
 
Depuis le mois de mai dernier, mon aîné, Antoine Hugo, est en stage dans le Minervois en France, plus précisément à Cesseras, dans le vignoble du Clos de Centeilles (http://pagesperso-orange.fr/stephane.boyer34/french/acceuil.htm) où il a fait un stage de deux semaines pour terminer sa formation de sommellerie à L’institut de tourisme et d’hôtellerie. Fin novembre, après avoir reçu un courriel de lui, je décide, sur la suggestion de Jocelyne, de prendre les jours de vacances qui me restent pour aller le visiter une petite semaine. C’est le récit de ce voyage que je vous fais ici, autant pour vous que pour moi.
 
Le départ, l’arrivée; le départ, l’arrivée…
À Montréal, l’enregistrement se fait rapidement mais je dois payer un supplément de bagages (23 Kg. C’est pas beaucoup…) comme il n’y a plus de place sur les sorties d’urgences (pour mes grandes jambes…) on me donne une place à l’arrière de l’avion en espérant que j’y sois seul. Avant de partir, j’achète des bagels pour Antoine. En passant au contrôle, j’avertis le douanier que j’ai une longue tige de métal et des vis dans la jambe droite ( voir : http://fcauchy.over-blog.com/article-4038208.html) . Il me dit Vous allez sûrement sonner! Et, ô surprise et victoire! Je ne sonne pas. L’autre douanier me dit toutefois, à la blague, qu’il y a un tribut à payer pour les bagels, il doit en prélever au moins un… On s’inquiète aussi, bien poliment, pour mon marque pages qui ressemble assez, avouons-le, à un canif.
 
Dans l’avion, je suis assis près d’un algérien qui retourne chez lui pour le décès de sa mère à Oran. Espérons qu’il n’a pas été pris dans les attentats d’Alger…(http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Home/article/detail/100131/2007/12/11/Double-attentat-en-Alg-rie.dhtml)  Une vielle dame assise près de lui, assez pauvrement vêtue et un peu perdue dans ce jet set de la classe moyenne où nous sommes parqués comme du bétail à la mode Air Transat, semble se rende elle aussi en Afrique du nord; en tous cas ils discutent en arabe et elle semble bien heureuse d’avoir quelqu’un près d’elle qui la comprenne. Près de moi un jeune joueur de basket trouve miraculeusement le moyen d’insérer son grand corps dans l’espace sardinesque qu’on lui octroie. Près de lui, une jeune femme (amène et jolie) réussit à plier ses jambes sous elle pour se cocooner, louant du même coup ses 5 pieds 4 pouces de souplesse…
 
Voyage somme toute assez court (moins de six heures) et arrivée au toujours aussi superbe T3 de Roissy (le terminal des pignoufs comme nous nous plaisons à le qualifier, Jocelyne et moi). Je pars avec mon lourd bagage et ma valise bancale (manque une roue…) sous le crachin si fin de Paris en quête de ma voiture de location. J’avais loué une toute petite voiture pas cher, je me retrouve avec une grosse voiture tout confort pour le même prix. Ils ont sûrement su reconnaître la valeur de mon statut de Directeur et m’ont offert un véhicule à la hauteur de ma dignité. Je prends donc possession de mon Opel Astra (http://www.opel.fr/action/go?cntryCd=FR&langCd=fr&webSiteId=GBPFR&page=astra&nav=catwalk) toute neuve et je m’engage sur l’autoroute. Ce que je savais qui devait arriver arriva : je me perdis dans les méandres de bitume. Bon, c’est pas grave on n’est pas pressé, traversée touristique de Bobigny et on se met finalement sur le bonne voie.
 
Sur l’autoroute je me rends compte que les guichets ne prennent pas ma carte de crédit. J’ai besoin de ca$h. C’est pourquoi j’ai voulu voir Vierzon et j’ai vu Vierzon. J’y suis en effet arrêté pour trouver un guichet automatique. J’ai vu sa gare, j’ai vu un de ses cafés… enfin quoi, j’ai vu Vierzon (http://www.ville-vierzon.fr/) . Il me restera Vezoul. Voir Vezoul et chanter…
 
Fait pas beau. Pleut. J’écoute la radio car j’ai oublié mes CD. Mais c’est pas grave, je suis en France, c’est les vacances, j’ai les poches pleines d’Euros et je vais retrouver mon fiston pour une semaine.
 
Limoges, Toulouse, Carcassonne (déjà il fait plus chaud) mon Astra dévore les kimolètres insensible aux charmes des radars cachés qui lui font des clins d’œil coquins. À partir de Carcassonne, je m’engage sur les petites routes à la recherche de mon petit bled. Je finis par tomber sur Olonzac qui ne semble pas être loin et, après m’être renseigné au Café Le France, où j’ai appris de la charmante tenancière à bien prononcer Cesseras, j’y arrive. Maintenant, il faut trouver Antoine. Je lui téléphone et je dois lui laisser un message… Je lui retéléphone et ça marche pas… Tout a l’air fermé partout mais je repère de la lumière. Je vais frapper à la porte. Des anglais qui se sont transplantés ici (j’apprendrai rapidement qu’ils sont loin d’être les seuls) je finis par rejoindre Antoine. On se donne rendez-vous au café Le Minervois de Siran, où les midinettes du coin font la fête (du moins cette fois-là). On dîne rapidement et on rejoint les quartiers d’Antoine.
 
En fait, je ne l’apprendrai que plus tard, Antoine habite le château de Cesseras. On ne s’en doute pas du tout quand on y accède…
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 Le château de Cesseras ( on est sous les combles au centre)
Matinée à Siran, petite virée et déjeuner à Pépieux
Antoine travaille ce matin car, comme il le dit, il a laissé tout un bordel dans le chai pour venir me rejoindre hier soir. Je le dépose donc au vignoble où nous faisons la rencontre de Paps, un homme à tout faire que, plus pittoresque que ça tu meurs! Mégot jauni et éteint collé à la lèvre, béret vissé sur le crâne, accent du terroir qui flaire le gros rouge (je n’apprendrai que plus tard que Paps ne boit que du Whisky car le vin le rend malade…) et un peu de ce Y’a qu’à, Faut qu’on, qui émaille le propos et égaye la conversation (Les jeunes savent plus faire aujourd’hui ma p’tite dame…).
 
Je pars musarder à Siran le temps qu’Antoine finisse. Café au Minervois où je peux à loisir observer la faune matinale du bar (encore quelques figures pittoresques) et je pars, bravant un vent à écorner les cocus, faire le tour du village. C’est un bel endroit avec un beau beffroi et de charmantes ruelles balayées par Frankie entre deux demis. Ah oui, en passant, j’ai enfin compris pourquoi les français appelaient demi le verre de 250 cl. En fait, c’est une demi-pinte (half-pint). Bon, on s’en contentera comme explication (confirmation : http://www.pourquois.com/2003/11/pourquoi-ny-t-il-pas-un-demi-litre-de.html

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Le beffroi de Siran
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La place du villagePhoto-022.jpg
Jolie maison à Siran

Petit tour aussi à Pépieux où nous reviendrons. Je vais chercher Antoine à la fin de la matinée. Je rencontre madame Doumergue, la patronne enrhumée, et Gladys, la sympathique fille à tout faire. Antoine me présente son ami Carlos, le portugais qui s’est bousillé le doigt et que mon fils remplace à la cave depuis son accident. Nous laissons Carlos au café (pas avant d’avoir pris l’apéro : Onze heures dix, l’heure du pastis, onze heures et quart : l’heure du Ricard, onze heures et demie : l’heure du demi. Dixit Carlos).

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Antoine et Carlos

Promenade dans le coin en suivant le causse de la Cesse. Le causse est un ravin, un canyon, formé par une rivière, dans le cas qui nous occupe, il s’agit de la Cesse, rivière qui a sans doute donné son nom à Cesseras (?). Nous passons par la curiosité de Lauriole, sorte de côte magnétique (la voiture monte vraiment la côte toute seule…) qui est en fait une illusion d’optique. Un monsieur qui était là nous a dit l’avoir mesuré avec un niveau et, effectivement, la côte descend alors qu’elle semble monter et elle monte alors qu’elle semble descendre. C’est probablement dû à la dénivellation d’à côté qui fait contraste. 

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  La curiosité de Lauriole
Arrivée à Minerve par le chemin des écoliers. C’est un très bel endroit que nous n’avons que vu (y’a un beau rythme là : kenounavonkevu…). C’est comme pour : quand cesseras-tu d’être qui tu es? Bon, on continue? On y arrivera jamais à ce rythme là…

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 Minerve
Que nous n’avons que vu parce que nous continuâmes.
 
Nous avions rendez-vous à Pépieux à l’hôtel du Minervois, devant l’église à la grenouille de bénitier (plus tard, plus tard, je vais tout vous expliquer…). L’hôtel du Minervois a probablement connu ses heures de gloire au milieu du siècle dernier. Salle à manger très grande, plafonds hauts, déco décatie. Menu unique et vin local à volonté. En fait , on y allait pour le patron. Toute une figure! Il nous a raconté des tas de choses qu’au début je ne saisissais pas trop (l’accegn) mais bon, il nous raconté qu’il faisait Pépieux-Paris en 5 ou six heures sur les nationales avec sa Jag, à la belle époque… On rencontre un jeune homme qui achetait des vins atypiques. Grande conversation avec Antoine qui l’aiguille sur Centeilles. Alors que le patron soliloque, il me regarde en levant les yeux : Que voulez-vous, c’est la France… mais on n’est pas tous comme ça quand même…On devait en être rendus au massacre des indiens par les Amerloques en passant par les charges immodérées de l’état glouton qui engraissait les parias de tout acabit…

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 L'hôtel du Minervois
Après le café arrosé, on rencontre François (un saisonnier du coin) qui nous montre sa toute nouvelle caméra 10 GIG en faisant onduler sa fine moustache qui surligne à peine sa lèvre supérieure. Carlos (qui nous attendait au resto.) monte avec nous et quand je prends la direction de Centeilles (où il demeure) il me dit : Mais où tu vas là? Il voulait qu’on le laisse au café, il n’allait quand même pas s’encabaner comme ça en plein après-midi…
 
Nous, on continue sur Caunes. Charmante petite ville où il y a une gentille épicerie. On fait les courses
pour le soir. On a vu de la tartiflette en boîte…( http://users.skynet.be/la_cuisine_belge/dossiers/tartiflette.htm) médusés, qu’on était.
 
On visite l’abbaye avec ses cloîtres de toutes sortes de Xe siècles. Le gars qui nous a vendu les billets était vraiment spécial. Style monastico-précieux-gay-snob… vous voyez ce que je veux dire?

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 L'abbaye de Caunes
Au retour, apéro chez Bubuche, un producteur de vin bio du coin (vin billot, bubûche, rapport?) très volubile et qui tient salon tous les soirs à l’heure de l’apéro. Très sympa.
 
Dodo.
par François Cauchy
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